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Mémoire: Pr Alfa Ibrahim SOW Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Dernière mise à jour : ( 01-05-2009 )
 

Ecrit par Administrateur Pulaagu.com, le 06-08-2007 22:03

Pages vues : 10783    

Publié dans : Nguurndam Fulɓe, Renndo Fulɓe


MÉMOIRE - Le Professeur Alfa Ibrahim SOW, le Patriote

Auteur : Malick Condé 21.01.07

Pr Alfa Ibrahim Sow

Il y a un an, le monde intellectuel et politique africain a été frappé comme par la foudre à l’annonce subite du décès de notre regretté Pr. Alfa Ibrahim SOW, éminent professeur de linguistique, de littérature africaine, grand militant africaniste, anti-colonialiste et anti-impérialiste guinéen.

 

Le Journal français, le Monde, annonçait dans son édition du 25.01.2005, cette terrible nouvelle : Alfa Ibrahima Sow, opposant guinéen, est mort vendredi 21 janvier à son domicile de Conakry. Il était âgé de 72 ans.

 

Ancien professeur des universités françaises à la retraite, Alfa Sow a longtemps enseigné la langue pulaar (le peul) à l'Institut des langues orientales de Paris. Auteur de plusieurs ouvrages, il fut un membre influent de la FEANF (Fédération des étudiants d'Afrique noire en France).

 

En exil depuis le début des années 1960 pour fuir la répression du régime de l'ancien président Sékou Touré, Alfa Sow avait participé à la création, avec des Guinéens de la diaspora - dont l'opposant Alpha Condé, - du MND (Mouvement national démocratique). Il avait ensuite lancé sa propre formation politique, l'UFD (Union des forces démocratiques) dont il était le président. Retraité en 1992, Alfa Sow était rentré définitivement en Guinée en 1995.

 

Vie Scolaire, universitaire et professionnelle

Alfa Ibrahim SOW est né en 1933 à Labé de Thierno Ismaël Sow et de Alimatou Diallo, il est d’une grande famille de lettrés qui détient le pouvoir religieux dans le Labé traditionnel depuis plusieurs générations.

 

Alfa Ibrahima Sow est un brillant jeune homme qui fit ses études à l’école normale de Kankan où il obtint son diplôme d’instituteur puis, au lycée de Conakry où il décroche le baccalauréat comme candidat libre ensuite, à l’université de Dakar en 1956 à la faculté de lettres et, enfin en France -à Paris- en 1960, où il poursuit et achève ses études à l’INALCO (l’Institut national des langues et civilisations orientales, INALCO, de Paris-Sorbonne) en devenant répétiteur sous la direction du Pr. Lacroix puis, il se spécialise en linguistique et enfin devint professeur titulaire de littérature africaine après une certaine ségrégation à cause de ses convictions et engagements politiques et culturels. Il s’inscrit aussi à Sciences Po. mais, la charge de travail ne lui permet pas d’en poursuivre le cycle entier.

 

Au niveau professionnel et culturel : Cet éminent professeur de littérature africaine, spécialiste de la langue peule enseigne durant de nombreuses années à l’INALCO tout en effectuant des recherches dans la sous région d’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Niger, Mali, Mauritanie, Bénin, Nigeria, Ghana, etc.). Il a formé nombre de jeunes africains à la linguistique et surtout, à la méthodologie de l’enquête et de la recherche de la tradition orale sur des bases scientifiques. Parallèlement, il faisait de la traduction de textes. Traducteur émérite et très estimé dans la profession, il est agrée par l’Unesco comme consultant expert pour laquelle, il a réalisé plusieurs travaux et missions sur le Continent et dans le monde pendant plusieurs années. Il a été également membre et coordinateur du comité de rédaction et de traduction de l'histoire générale de l'Afrique pour l’Unesco.

 

Chercheur réputé pour sa rigueur intellectuelle et apprécié par des sommités qui font autorité dans le domaine comme Jean Rouch avec lequel il entretenait d’excellentes relations intellectuelles et d’amitié sans oublier ses aînés et amis, les doyens Hampâté BÂ (chez qui il séjourna en 1969 à Abidjan pour faire l’inventaire de son patrimoine culturel), Boubou Hama du Niger et d’autres, ainsi que ses camarades de combat Pathé Diagne du Sénégal, Diouldé Laya du Niger avec lesquels il a passé des nuits blanches dans d’interminables dissertations sur l’avenir de la culture africaine et son rôle dans l’Universel. A ce niveau, le doyen Amadou Hampâté BÂ ne s’était pas trompé en disant : Alfa SOW et Pathé DIAGNE sont deux jeunes universitaires chercheurs africains capables d’assumer valablement la renaissance de la culture africaine. Il voyait déjà en lui (et le sénégalais Pathé Diagne) un chercheur émérite qui prend le bon chemin favorable à la culture africaine dans toute sa dimension. A cet effet, son analyse (Prolégomènes) dans le livre collectif : Introduction à la culture africaine (Unesco 1977- Collection 10/18), Alfa I Sow a de façon pertinente introduit le débat en présentant la problématique de la culture africaine de l’Afrique contemporaine et en proposant les lignes d’une nouvelle action culturelle. Il montre, également, avec pertinence l’orientation que doit suivre la culture africaine dans la pensée universelle notamment au niveau de l’importance de la langue orale à laquelle il a consacré d’importants essais et contribué à son éclosion dans le monde universitaire et à l’éveil de la jeunesse intellectuelle africaine et afro-américaine.

 

Homme de grande culture, il lit l’Anglais et l’Arabe dans le texte et a effectué de nombreux voyages d’étude en Grande Bretagne, en Egypte etc. Alfa Ibrahim SOW (AIS) est considéré comme un savant dans son domaine. C’est ainsi qu’il a permis une compréhension de la culture peule du Fouta Djallon dans son livre bréviaire, La Vache, La Femme et la Foi. Grand linguiste, AIS a été un des artisans de la confection de l’alphabet des langues nationales au cours des différentes conférences organisées par l’Unesco, notamment celle de Bamako où il s’est illustré par la pertinence de ses réflexions et propositions sans compter une certaine opposition justifiée aux thèses défendues par certains experts de la Guinée, son pays d’origine. Sa vision de la culture africaine est bien illustrée par Alioune DIOP dans une déclaration de mars 1976 : « Nos monuments à nous, ce sont les traditions orales qui meurent avec les vieillards qui meurent, véhiculées par de multiples langues souvent imperméables les unes aux autres. Les autorités traditionnelles chez nous n’ont plus d’audience ni de moyens d’expression. Nos institutions subissent l’irruption agressive de la modernité. Nous sommes, dans le monde, un peuple fragile. »

 

Pour preuve, entre 1965 et 1985, il fit d’intenses recherches à travers l’Afrique notamment à l’IFAN -Institut Français d’Afrique Noire - de Dakar et au Niger, et publia, à ce titre, plusieurs ouvrages et études sur la culture et la langue peule, en tant que linguiste africain révolutionnaire . On lui doit ces publications qui font autorité dans le domaine, notamment :

1. La Femme, la Vache, la Foi (Ed. Julliard, Paris 1966)

2. Chroniques et récits du Fouta Djallon (1969)

3. Janngen Fulfuldé I et II : Paris-Niamey : 1969 -70;

4. Inventaire du fonds Amadou Hampâté Bâ répertorié à Abidjan en 69 – Klincksieck 1970

5. Dictionnaire élémentaire Fulfulde-Français-English : 1971

6. Langues et politiques de langues en Afrique Noire (Editions Nubia - 1977)

7. Jannde fulfulde (Recueil de textes des parlers peuls d’Afrique Occidentale -1981)

8. Jangen Fulfulde (Syllabaire de Peul) (1972)

9. Maanditorde annde e pine pulpule hirnage Afrik (Etude comparée des parlers peuls d’Afrique Occidentale relatifs aux sciences, aux techniques et aux arts - Editions Nubia 1992)

10. Nombreuses traductions du pular en français dont « Oogirde malal : Le Filon du bonheur éternel du savant Cerno Mamadou Samba Mombeya (Editions Nubia 1999).

11. Introduction à la culture africaine (Prolégomènes par Alpha I. SOW: Collection 10/18- UNESCO)

 

Grand poète à ses heures de détente, il a écrit de très beaux poèmes dont la plupart sont restés inédits. Pourquoi ? Peut être par simple modestie. Pour le récompenser de ses divers travaux, il obtint une distinction méritée, la Médaille d’argent de la langue française. Il était aussi un excellent photographe et un bon cinéaste qui a réalisé quelques documentaires culturels avec son Super 8. D’ailleurs, c’est lui qui m’a initié à la photographie en 1971 avec un récent modèle d’appareil reflex Nikon.

 

Editeur africain qui voulait sortir des sentiers battus une certaine culture africaine pour l’affranchir du monopole des grandes maisons d’édition. C’est ainsi, qu’Alfa Ibrahim SOW a réussi à convaincre certains amis démocrates africains et européens pour créer la maison d’édition NUBIA (Editeurs et Auteurs africains). Conscient du fait que les derniers griots, héritiers d’une tradition transmise oralement de génération en génération, depuis le Moyen âge, disparaissent. Nubia se propose de recueillir l’héritage oral et littéraire de l’Afrique. Elle publiera parallèlement des études sur les multiples aspects de la civilisation et de l’histoire africaine dont cette tradition orale est le reflet. Malgré les difficultés inhérentes à cette profession, Alpha Ibrahim SOW a publié, parfois à compte d’auteurs, quelques publications importantes (voir liste en Annexe)

 

On remarque dans cette liste le Danxome du Pr. Maurice Gléglé, les Contes et veillées de Christiane Seydou (qui fut son élève à l’INALCO), un titre de son ami J.P Olivier de Sardan, des poèmes et pièces de théâtre de jeunes auteurs guinéens comme Ahmed Tidiane Cissé et Sara Alphonse Tylé. Il faut noter que la Petite Bûche fut un grand succès d’édition.

 

Lutte syndicale et politique

 

a- Au sein du Mouvement Etudiant guinéen et africain

Jeune intellectuel militant : très tôt conscient de l’importance de s’engager dans la voie de la lutte d’indépendance, Alfa SOW a été de tous les combats des patriotes africains dans les années 60. Chantre et défenseur courageux de la lutte d’indépendance guinéenne au référendum gaulliste de 1958. On se rappelle encore de sa fameuse conférence à Mamou sur les raisons de voter NON pour accéder à l’indépendance sous le regard admiratif de la petite bourgeoisie patriotique composée d’enseignants de tout horizon ainsi que des ténors du PDG-RDA. Ce jeune et brillant étudiant guinéen avait réussi à convaincre son auditoire sur l’opportunité de voter NON au référendum gaulliste de 1958. D’ailleurs, cette brillante prestation lui avait valu d’être remarqué par les milieux dirigeants du PDG-RDA en particulier par feu Sékou Touré qui l’avait tout de suite perçu comme un adversaire de taille qu’il faut surveiller. Quelques péripéties et passe d’armes auront lieu avec Sékou à Dakar (où il était étudiant à l’université Dakar- Fann avec ses camarades comme Ibrahima Kaké, Siradiou Diallo et autres Charles Diané……).

 

Membre fondateur de l’UGEEG - Union Générale des Elèves et Etudiants Guinéens- : Á Dakar, il a contribué activement à la création de cette association dans laquelle il assurait le secrétariat général du bureau directeur qui siège à Dakar-Fann. C’est à ce titre, qu’il prend position contre la décision du gouvernement guinéen issu de la Loi-cadre, présidé par Sékou Touré, de licencier, en 1958, les élèves de l’Ecole Normale de Kindia en grève (au bout de trois mois de scolarité) contre le manque de qualification des professeurs et de mauvaises conditions alimentaires. Ils sont tous renvoyés dans leurs familles avec interdiction d’inscription dans tous les établissements de la sous région. Ce regrettable évènement amena le ministre de l’Education nationale, Camara Faraban, à démissionner. A cette occasion, devant les Grands conseillers de Guinée dont Sékou Touré, Saïfoulaye Diallo, Moussa Diakité et Diallo Joseph, au cours d’une réunion de l’UGEEG à la Cité universitaire de Fann, Alfa SOW plaide avec force et conviction la réouverture de l’école et la réinscription des élèves, devant les Grands conseillers de Guinée dont Sékou Touré, Saïfoulaye Diallo, Moussa Diakité et Diallo Joseph. Mais en vain. Depuis cette époque, il sera considéré par Sékou Touré comme un adversaire de taille.

 

Il est également un membre très actif de la Corporation des étudiants en Lettres de l’UGEAO –Union Générale des Etudiants d’Afrique de l’Ouest- association sœur de la FEANF, qui avait comme siège Dakar.

 

A Paris en 1960, il milite activement au sein de l’AEGF – Association des Etudiants Guinéen en France- et participe aux travaux de la FEANF- Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France- en devenant un membre influent de cette puissante organisation africaine. C’est l’époque où le mouvement étudiant guinéen, AEGF, section territoriale de la FEANF, connaît une juste orientation politique nationaliste sous leur direction (Sako Damou, Alpha Condé, Sidiki Camara et autres) malgré toutes les manœuvres et tentatives d’intégration du PDG à la JRDA. C’est cette prise de position conséquente qui devait aboutir à la suspension, par le régime de Conakry, des bourses de la plupart des étudiants. La situation spécifique de l’étudiant guinéen non boursier entraînera une certaine politisation de la lutte syndicale revendicative. C’est une période charnière.

 

Militant convaincu, Alfa I SOW poursuit son combat pour la défense des intérêts matériels et moraux des étudiants. Sur le plan politique, il va encore croiser le fer avec le tout puissant PDG, en s’opposant à l’intégration sans condition de l’UGEEG dans la JRDA en particulier de sa section française, l’AEGF, en symbiose étroite avec son ami Alpha Condé et d’autres.

 

Leader étudiant doté d’une excellente formation politique progressiste, il a su déterminer par une analyse objective et concrète l’évolution probable et future du nouveau régime guinéen. A ce titre, au cours d’une réunion à l’Ambassade de Guinée en France, il fera un célèbre et mémorable réquisitoire du PDG qui cherche, déjà, à bâillonner toute opposition à sa politique en embrigadant le peuple guinéen dans un parti unique. L’évolution lui donnera rapidement raison. La dérive anti-démocratique du PDG devait se manifester, en novembre 1961, par le faux complot dit des enseignants où la plupart des dirigeants du syndicat des enseignants de Guinée seront arrêtés et emprisonnés. Ce sont Kéita Koumandian, Ray Autra, Bah Ibrahima Caba, Niane Djibril Tamsir et Seck Bahi. Aussitôt, Alfa I. SOW et certains de ses camardes engagent une dynamique campagne de sensibilisation de l’opinion nationale et internationale sur cette trahison du régime guinéen face aux idéaux du peuple de Guinée. Le secrétaire général de l’AEGF, Alfa I. SOW, organise la résistance, coordonne et centralise les actions de défense des syndicalistes arrêtés simplement pour avoir élaboré un Mémorandum sur la condition de l’enseignant afin de mieux préparer et organiser la nouvelle Ecole guinéenne. C’est en fait une lutte de suprématie. Contre vents et marées, Alfa I. SOW réussira avec le soutien de ses amis à faire voter une motion de condamnation du régime au cours du Congrès de l’AEGF de décembre 1961 et, demandant la libération immédiate et inconditionnelle des Enseignants et la réélection du bureau sortant. Il poursuit le combat pour la libération des syndicalistes en relation étroite avec certains avocats démocrates français de grande réputation et le soutien des organisations de défense des droits de l’Homme faisant de Kéita Koumandian « le Prisonnier de l’Année 1963 » d’Amnisty International. Malgré toutes les tentatives de caporalisation du mouvement étudiant par le PDG, Alfa SOW et ses compagnons ont su faire l’unité, malgré quelques défections insignifiantes. Ils ont su en faire une puissante association à travers l’Afrique et l’Europe contre le régime guinéen. Il a continué à participer et soutenir le combat de l’AEGF, politiquement et matériellement, durant plusieurs années (les différents mandats de Kéïta Lansana Condé, Sidiki Camara, Bangaly Fofana, du mathématicien Kalifa Bayo et enfin de Malick Condé) jusqu’à la mort de Sékou Touré en 1984 qui vit la disparition de cette glorieuse association. Il faut noter son inadmissible condamnation à mort par contumace avec d’autres compagnons comme Alpha Condé et Ibrahima Baba Kaké au cours d’une mascarade judiciaire suite aux évènements du 22 novembre 1970 (débarquement d’opposants guinéens alliés aux forces colonialistes portugaises). Cette condamnation révoltera l’opinion progressiste et démocratique africaine.

 

b- Sur le plan politique

Grand militant de la lutte anti-coloniale, il a contribué à la sensibilisation des cadres et intellectuels pour le vote historique du NON. On se rappelle encore de sa conférence à Mamou sur le thème de l’indépendance par un étudiant guinéen. A cette époque, il fréquentait assidûment la plupart des leaders syndicaux et politiques anti-colonialistes dont Pléa Koniba, Madéra Kéïta, Samba Lamine, Koumandian Kéïta etc. Il a fréquenté et collaboré avec la plupart des intellectuels et militants progressistes français et d’ailleurs pendant cette période notamment du Maghreb, d’Asie, d’Amérique, des Caraïbes etc. Selon ses confidences, il a participé à d’importantes et discrètes réunions relatives à la situation en Guinée tout en gardant toujours une position patriotique qui consiste à refuser de pactiser avec le diable contre son pays c'est-à-dire avec l’ancienne puissance coloniale.

 

Plus tard, à la chute du régime Sékou Touré en 1984, Alfa I. SOW rencontrera Koumandian au cours d’un voyage sanitaire en France sur invitation du syndicat national des enseignants français et acceptera d’éditer par Nubia, personnellement, son livre intitulé L’École et la dictature.

 

Avec cette nouvelle situation en Guinée, AIS y fera quelques voyages d’enquête et d’étude sur la situation politique et sociale dans le cadre du MND –Mouvement national démocratique- dont il était un membre fondateur avec le Pr. Alpha Condé, Bayo Kalifa, Mme Nanténin Konaté, Ahmed Tidiane Cissé, Malick Condé et Hammadi Kénéma. A cette époque plusieurs documents importants de sensibilisation sur la Guinée furent publiés par le MND notamment : « Pourquoi luttons-nous ? Où allons-nous « ? Quel avenir pour la Guinée ? Propositions pour la Guinée. Etc. Il a su très tôt, avec ses compagnons du MND, déterminer les limites du régime militaire et élaborer une importante note sur l’exacerbation des contradictions internes au sein du régime qui devait inéluctablement aboutir aux malheureux évènements du 4 juillet 1986. Puis, en 1995, il choisit de rentrer en Guinée après sa retraite d’enseignant pour participer concrètement sur le terrain au combat de libération en tant que président de l’UFD (Union des Forces Démocratiques) dont il est le fondateur. A ce titre, il apportera une contribution inestimable sur la compréhension de la situation qui prévaut en Guinée et oeuvrera à l’éducation politique de l’intelligentsia par des conférences débats, tables rondes et autres points de presse. Il défendra également la tenue d’une conférence nationale pour réconcilier les guinéens avec eux-mêmes et situer les responsabilités de cette dérive du régime de la première république pour mieux avancer et proposer un gouvernement de transition nationale. Hélas ! Il n’a pas eu gain de cause pour des raisons diverses. Il a aussi posé la question d’une candidature unique de l’homme consensuel, en déterminant les critères et, sans succès. Pourtant sur la plupart de ces points, il avait, peut être, raison. Progressiste dans l’âme, il anima activement la vie politique guinéenne jusqu’à sa mort subite du 21 janvier 2005.

 

Au vu de son parcours d’intellectuel militant qui a été de tous les combats, de la lutte de libération anti-coloniale et d’indépendance nationale des peuples d’Afrique et d’ailleurs à celle de défense des droits de l’homme, on ne peut classer Alfa Ibrahima SOW que parmi les grands hommes qui ont marqué cette période historique à l’instar des leaders politiques comme Kwame Nkrumah, Patrice Emery Lumumba, Ben Barka, Ruben Um Nyobé, Félix Roland Moumié, Ersnest Ouandié, Osendé Afana, Amilcar Cabral, Cheikh Anta Diop et bien d’autres illustres disparus du continent. Il est également, malgré sa grande modestie, certainement de la lignée des George Padmore, WEB Du Bois, Léon-Gontran Damas, Frantz Fanon, Mongo Béti, Senghor, Césaire, etc.

 

L’homme Alfa Ibrahim SOW

Homme de dialogue, Alfa Ibrahim Sow avait renoué avec son ami et frère de combat de toujours, le Pr. Alpha Condé, en acceptant de signer un programme d’alliance avec le RPG et, d’être son directeur de campagne à l’élection présidentielle de décembre 1995. Après l’arrestation arbitraire de ce dernier, il oeuvrera inlassablement de toutes ses forces pour obtenir sa libération. Plus tard, il acceptera de participer au dialogue initié par le pouvoir sans pour autant se faire d’illusions sur l’issue. Depuis un certain temps, le Prof. était victime de certaines attaques injustes parce qu’il refusait de verser dans l’ethnocentrisme et s’en tenait fermement à son combat de militant démocrate et progressiste pour l’unité du peuple guinéen. Cette force de caractère l’honore et le fait respecter de tous.

 

Ce grand africain a consacré, sa vie durant, toute son énergie et son intelligence extraordinaire à la cause de notre peuple guinéen, à l’indépendance nationale et à l’instauration d’une véritable démocratie. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous ne devons pas accepter de baisser les bras face aux difficultés inhérentes à la lutte pour le changement démocratique pour laquelle, Alfa I. SOW a sacrifié sa vie. Son exemple doit être un ferment pour tous les patriotes guinéens épris de paix, de justice, de démocratie et de changement positif pour sortir notre pays de la nuit noire. C’est tout un continent qui appréciait cet homme exceptionnel alors, soyons dignes de son héritage.

 

Doué d’une grande capacité de travail, d’une vive intelligence alliée à une générosité sans précédent malgré quelques petits défauts d’irritabilité à ses moments de crise de gastrite. Grand conteur d’histoires parfois un peu grivoise, rieur à souhait et même un tantinet moqueur, il sait amuser ses amis avec un riche répertoire de blagues et historiettes. Gastronome, il aime la bonne chair et, toujours prompte à inviter ses amis au restaurant où il passe souvent d’agréables moments. Grand consommateur de bon café, surtout moulu, il en buvait d’énormes quantités car, il aimait veiller pour travailler. D’une élégance sobre, il aimait les belles choses à l’image des belles Lettres. Voyageur infatigable pour rencontrer et apprendre la culture et les us et coutumes des autres notamment dans les régions du Niger, du Mali, du Sénégal, de Mauritanie, Bénin, Nigeria, Ghana, Côte d’Ivoire etc. où il comptait de solides relations amicales. Marié tardivement et père de deux enfants (Jannaati et Abdulaye-Babyo), il était débonnaire et souhaitait leur transmettre, certaines vertus cardinales de la culture africaine notamment de son Fouta natal. Hélas ! Le temps lui en a manqué. D’une amitié sincère, il avait le sens de la fidélité et était d’une grande probité intellectuelle et morale. Malgré une certaine timidité faite de grand respect, il savait être d’une grande éloquence avec un don de conteur.

 

Il fut un grand et conséquent militant de la cause africaine et des pays du Tiers Monde (Chine, Vietnam, Algérie, Cambodge, Indonésie, Amérique Latine etc.).

 

Cependant, on peut déplorer que ce grand patriote africain ait été inhumé, au cimetière de Cameroun, à la hâte au détriment des honneurs qui devaient lui être rendus.

 

Je suis profondément affecté par la disparition de cet homme qui fut mon frère, mon maître et mon ami. Il est parti quasiment à la veille de mon anniversaire alors que je l’attendais, dans les 48 heures, à Paris où il comptait venir se soigner. Son dernier message Email disait ceci : « mon frère, je suis gravement malade et envisage de faire le déplacement de Panam dès que possible. Je t’en parlerai en arrivant. Bonne fête de Tabaski et sans doute à vendredi. Salut mon frère. ALFA ». C’était le jour où la ville de Conakry était quadrillée par les forces armées à cause de l’affaire Enco 5.

 

Son inoubliable souvenir me hante chaque jour que je prends ma plume pour écrire ou analyser la situation de mon pays. J’espère que les jeunes générations s’inspireront de son combat et de son indéfectible amour de la Guinée et de la cause africaine. Une chose importante est que Grand (comme on aimait l’appeler) était un bourreau de travail, il imposait son style de la perfection à ses collaborateurs grâce à sa grande capacité d’analyse,

sa persévérance, son efficacité et son courage physique sans oublier qu’il était parfois têtu car, il renonçait difficilement à ses convictions qu’il défendait âprement. Certains de nos désaccords me l’ont confirmé.

 

Enfin, j’ose espérer que dans un proche avenir, une fondation ou association Alfa Ibrahim SOW verra le jour grâce au concours bienveillant d’amis, d’intellectuels africains et certainement de l’Unesco et l’OIF qui ne manqueront pas d’apporter leur inestimable contribution à la pérennisation de la pensée de ce grand savant africain, considéré comme l’un des intellectuels les plus brillants de l'Afrique contemporaine et défenseur de la culture africaine. Nous lui devons cette gratitude pour la postérité. Je sollicite ici les bonnes volontés afin que cette institution soit une réalité.

 

Malick CONDÉ Paris, le 19 Janvier 2007.

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ANNEXE

Publications de l’Edition NUBIA

 

Théâtre

 

• Le Zulu suivi de Vwene Le Fondateur

Tchicaya U’ Tamsi

 

• Johoré précédée de cinq pièces

Zègoua Gbessi Nokan

 

• Le tana de Soumangourou

Ahmed Tidjani Cissé

 

• Au nom du peuple

Ahmed Tidjani Cissé

 

 

Poésie

 

• La veste d’intérieur suivi de Notes de veille (Prix Louise Labé 1978)

Tchicaya U’Tamsi

 

• Nuit et Grêle

Kiflé Sélassié Béseat et Alfadio (AIS)

 

• Recueil de poèmes

Sara Alphonse Tylé

 

• Pollen et pleurs (3 eme édition – Prix Poésie plurielle 1981)

Ahmed Tidjani Cissé

 

• Quand les graines éclosent

Ahmed Tidjani Cissé

 

• Garde-fous textuels (volume I et II)

Hamidou Magassa

 

• Séjours de rêve

Sékou Zapré-Traoré

 

Cultures africaines et tradition orale

 

• Quand nos pères étaient captifs

Jean Pierre Olivier de Sardan

 

• Contes et fables des veillées

Christiane Seydou

 

• Contes de mort et de vie aux Antilles

Joëlle Laurent et Ina Césaire

 

• La voie peule. Solidarité et bienséances sahéliennes

Diouldé Laya

 

• Concept et conceptions Songhay Zarma (histoire, culture, société)

Jean- Pierre Olivier de Sardan

 

• Recueil de littérature Manding

Agence de la Coopération Culturelle et Technique (ACCT)

 

Histoire et Politique

 

• Le Danxome du pouvoir Aja à la nation Fon

Maurice Glele Ahanhanzo

 

• L’école et la dictature- Guinée 61

Koumandian Keita

 

• Contribution à l’étude des problèmes philosophiques en Afrique Noire

Amady Aly Dieng

 

• Le marxisme et l’Afrique Noire – Bilan d’un débat sur l’universalité du marxisme

Amady Aly Dieng

 

 

Langues Africaines

 

• Langues et politiques de langues en Afrique Noire

Alfa Ibrahim Sow

 

• Manuel d’auto alphabétisation et de lecture en manding

Amidu Magasa

 

• Dewtere Diina Lislaam (peul)

Daawda Jaa

 

• Taxaw Takku ! (wolof)

Mammadu Jara Juuf

 

• Maddiin ?(peulh)

Ceerno A.S.Tall

 

• Daara-Labe (peulh)

M.W. Bari et autres

 

• Jannde fulfulde (peulh)

Alfa Ibrahim Sow

 

• Maanditorde annde e pine pulpule hiirnaage Afrik (peulh)

Alfa Ibrahim Sow

 

Contes et légendes

 

• Petite Bûche (Français – Anglais – Allemand)

Christiane Seydou

 

• Des animaux et des hommes - Contes Sanan de Haute Volta –Illustration de Therese Daverat (3 volumes)

Suzy Platiel

 

• Des Preux, des belles, des larrons – Contes du Mali – Illustrations de Lucia Daniel

Christiane Seydou

 

• Contes africains par monts et savanes – Contes du Burundi, Côte d’Ivoire, Tchad


   
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